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 L'homme et la Mort (histoire)

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MessageSujet: L'homme et la Mort (histoire)   Dim 14 Jan - 23:53

La fin de l’été arrivait, apportant son lot de tristesse et de désolation mais surtout son lot de pluie, une pluie glaciale qui vous gèle au plus profond de vos entrailles, dans la moindre petite parcelle de votre cœur déchiré et meurtri. A l’heure où la lumière laisse place aux ténèbres, aux ombres de la nuit, aux démons des profondeurs, aux murmures des bêtes, aux bruits inquiétants des sous-bois, j’errais tel un spectre, ni vraiment vivant ni vraiment mort, le visage blanchâtre, les yeux explosés et injectées de sang, les paupières gonflées, la barbe hirsute et sale……. J’errais au milieu de cette forêt macabre et lugubre tenant dans ma main une fleur fanée, aussi triste et morne que mon cœur. Cette rose était blanche, un blanc éclatant, mais mon âme était maintenant et à jamais colorée en noir…..

Je me suis alors arrêté au milieu de cette forêt et je me suis assis contre un arbre attendant que ma fin arrive. Je n’avais plus goût à rien depuis longtemps. J’avais cessé de manger et je ressemblais à présent plus à un squelette qu’à un être humain. Je ne méritais même plus le titre d’être humain et peut-être que celui de démon n’était pas encore assez fort. J’étais un mort-vivant qui n’arrivait pas à mourir mais qui ne voulait plus vivre. J’attendais péniblement la fin quand soudain je la vis au loin, là devant moi, celle que je cherchais depuis si longtemps, celle qui me faisait errer depuis tout ce temps : La Mort. Elle était là, lévitant à quelques centimètres du sol, se rapprochant doucement mais inexorablement de moi, parée de sa grande cape noire et tenant à la main sa fau. J’aurais aimé qu’elle se rapproche plus prestement mais étais-je en droit de mériter un tel service ? Le crime que j’avais commis était abominable et ne méritait aucune pitié. La mort elle-même était une chose bien trop douce pour ce que j’avais osé faire.

Lorsqu’elle arriva devant moi, elle ne me regarda pas, sortit un parchemin et commença à lire.

Aucun mot n’est assez fort pour exprimer le dégoût que je ressens en vous voyant et pourtant j’ai vu tant de choses dans ma vie, des meurtres, des tortures et bon nombres d’immondices mais jamais ce que vous avez fait. Aucune peine ni aucune somme d’argent ne pourra jamais réparer ce mal. J’ai eu du mal à pondre ce discours pour votre mort, j’ai dû me forcer pour venir vous chercher. La mort serait une chose trop douce pour vous. J’étrenne donc ici un tout nouveau châtiment et j’espère ne jamais avoir à le refaire.

Vous avez depuis longtemps perdu votre âme, à supposer que vous en ayez eu une un jour. Aujourd’hui, votre cœur va vous être arraché et vous serez condamné à errer pour l’éternité dans ce monde de désolation que vous avez créé, sans le moindre petit espoir de mourir pour échapper à ce sort.

On dit familièrement qu’ « il y a une vie après la mort » mais pour vous cette vie sera pire que la mort. Avec le temps vous en viendrez à souhaiter cette mort, à la désirer. Dans votre folie, vous ferez tout ce que vous pourrez pour l’obtenir, vous imaginerez des tortures qu’aucun homme n’a jamais imaginé, vous souffrirez pour l’éternité comme aucun n’a jamais souffert, puissiez vous vous infligez toutes les horreurs que vous avez infligées.

Recevez donc ce poisson, symbole de votre abomination. Vous n’êtes désormais plus un homme et allez errer à partir de cet instant dans le monde que vous avez créé sans pouvoir jamais le quitter.


La Mort disparut subitement mais rien ne semblait s’être passé. Le monde semblait identique. Je me relevais et essayais d’avancer, tenant toujours dans une main la rose blanche et dans l’autre le poisson……….. J’essayais d’avancer mais je n’y arrivais pas. Puis je mordis dans le poisson, attendit longtemps, très longtemps, des jours et des nuits sans dormir mais toujours rien ne se passait. Mon cœur ne battait plus et pourtant je vivais.

La Mort avait finalement appliqué sa sentence. J’étais condamné à retourner sur les lieux de mes immondices et contempler pour l’éternité le résultat de ma cruauté et de ma folie.
Alors après avoir parcouru la France, après avoir bravé de terribles dangers, je vais me retrouver chez moi à essayer de reprendre ma vie....
Sans mon coeur sans mon âme sans ma femme...
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