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 Quand Moulins dit adieu à sa Perle

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Arthur Dayne
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Nombre de messages : 981
Date d'inscription : 21/04/2008

MessageSujet: Quand Moulins dit adieu à sa Perle   Mer 29 Sep - 14:35

[hrp]Ce sujet est l'archivage du RP en cours sur la Halle de Moulins. Prière donc de ne pas poster ici mais sur la halle, sauf Maë et d'éventuels fantômes... ou des gens qui seraient absents de Moulins IG et souhaiteraient participer au RP quand même. Je me chargerais de transférer les posts sur la halle. Merci![/hrp]



Arthur Dayne

Jamais faire face aux villageois ne lui avait paru plus difficile. Il avait devant lui tous les Moulinois qui avaient souhaité rendre un dernier hommage à celle qui leur manquait tant. Des jours et des jours, il s’était battu, avait remué ciel et terre, au sens propre comme au sens figuré, pour rapatrier son corps. Pour qu’elle puisse reposer à Moulins, en ses terres. Moulins, ce village pour lequel elle avait donné tant d’elle-même. Arthur observa un moment les regards graves, les pleurs contenus, les mines défaites. Puis, lorsqu’il eut décidé que tous ceux qui souhaitaient venir s’étaient déplacés, il lança le mouvement en silence.

Le petit cortège se mit en marche. Arthur avait donné rendez-vous à tous sur cette petite place du village, celle là même sur laquelle donnait les Perles des Neiges. La taverne était fermée depuis quelques temps déjà, mais la bâtisse n’avait pas trouvé nouvel acquéreur. Personne, ni à ce moment, ni, et encore moins, aujourd’hui, n’avait eu le cœur à l’acheter. L’enseigne était toujours là, quoiqu’un peu défraîchie. Mais l’évidence du lieu avait frappé Arthur. C’était d’ici qu’ils partiraient pour accompagner une dernière fois celle qui, d’une manière ou d’une autre, les avait tous touchés.

Lilou. Sa Lilou, leur Lilou.

Les grilles du cimetière s’élevaient devant eux, à présent. Il était temps. Temps d’accompagner Lilou vers sa dernière demeure. Jamais il n’aurait cru devoir passer ces grilles pour son amie. Encore incapable d’appréhender dans son entièreté le terrible évènement, Arthur resta figé de longues secondes à l’entrée du jardin de pierres levées. Le fossoyeur était là. Arthur l’avait toujours connu, comme s’il était né avec Moulins pour mieux adoucir le passage vers la mort des habitants. Il avait toujours été là dans les pires moments, image inflexible, presque rassurante en ces moments douloureux pour tous ceux qui restent. De marbre, il remplissait sa tâche, avec toute la gravité et la dignité que requérait son office. Il était un pilier sur lequel se reposaient les endeuillés.

Mais une chose avait frappé Arthur, dès qu’il avait posé ses yeux sur lui.

Essayant de ne pas y prêter trop d’attention, il se dirigea vers le cercueil qui, derrière les grilles, attendait ses porteurs. Il n’avait rien décidé, rien fixé. Les choses se feraient par elles-mêmes, s’était-il dit. Après avoir pris une longue inspiration, il fit quelques pas, franchit les grilles et s’approcha du cercueil pour en saisir une poignée. Il fallait trois autres porteurs. D’un regard, il interrogea la foule. Trois volontaires…

Et à nouveau, ses yeux s’attardèrent sur le fossoyeur. Sur ce détail, dont il était persuadé à présent qu’il ne l’avait jamais vu auparavant le concernant. Jamais cela n’était arrivé.

Le fossoyeur pleurait.




Anastase

Elle avait attendu sur les remparts qu'on aille le chercher.
Personne ne l'avait trouvé. Décidément...
Tavernes quasi-désertes, rues peu animées, aucune connaissance rencontrée, tout cela l'avait amené à s'écarter un peu du village pour camper à l'orée du bois.

Durant une balade elle avait remarqué le parchemin accroché sur le mur des annonces concernant l'enterrement de Lilou, une dernière occasion de lui dire à bientôt...

Le cortège avait donc traversé les ruelles de la cité pour se rendre au cimetière.

Une fois arrivé la bas, la jeune femme avait décidé de rester en retrait.
Son visage encapuchonné ne laissait apparaître que le bout de son nez et ses lèvres gercées. Une façon de ne pas trop se faire remarquer dans un instant aussi solennel.

Il faut dire que le temps et les évennements passés l'avaient assagis. Sa fougue d'antan avait laissé place au calme et à la douceur. L'adolescente hyperactive avait peu à peu pris conscience du monde qui l'entoure.

Le cercueil est là, devant eux. Un frisson lui parcours l'échine. Une impression de vu et revu.
Quelques flash éphémères viennent lui hanté l'esprit... second frisson...

Sur la pointe des pieds elle tente d'observer derrière quelques épaules trop grandes pour elle.
Quelques mètres plus loin elle aperçoit un homme, un visage marqué mais qu'elle reconnait bien. Il s'approche du sarcophage et se place devant une des quatre poignées et attend.

La jeune femme prend une grande inspiration et se fond dans la foule, poussant quelques personnes de l'épaule pour se frayer un passage.
Une fois passée, elle se dirige tête baissée vers une des poignées. S'il faut le porter à deux elle en sera capable.

Sans lever le regard un murmure s'échappe :


Je suis là Arthur...



Legowen

Elle était là, présente , il n'aurait pu en être autrement , Lilou ... elle avait du mal à réaliser qu'elle ne la reverrait plus . Comme elle avait eu du mal à accepter la fermeture des perles
Une taverne, leur taverne, la taverne de Moulins, celle pour laquelle on aurait ri si l'un des convives avait évoqué sa fermeture
pour sur, celui là devait en avoir bu des pintes pour dire une telle bêtise
et pourtant................

et pourtant .......... le pain qu'elle avait mis sur l'embrasure de la fenêtre était resté là, personne n'avait eu le coeur d'y toucher , même pas l'un des gamins du village ou l'un des rodeurs qu'on devinait parfois à la nuit tombante . Comme si le lieu avait eu quelque chose d 'indéfinissable, comme un hommage

et pourtant..........., aujourd'hui, ce n' était pas devant une porte fermée qu'elle se retrouvait, mais devant un cercueil , une amie disparue , une amie qui l'avait accueillie lors de sa venue à Moulins . La jeune femme se souvenait de cette chaude ambiance que savait donner Lilou , de cette manière qu'elle avait d 'écouter , de leurs conversations , leurs rires , les échanges qui fusaient entre amis . Non, elle n'arrivait pas à réaliser , il lui faudrait du temps , il lui faudrait ces petits détails qui marquent l'absence

Les souvenirs défilaient comme souvent lors de la perte d' un être cher , ces moments de joie , de pleurs, de rires qui s'entrelaçaient et se défaisaient , en appelant d'autres comme une ronde douce amère , ronde qu'elle ne connaissait que trop bien

combien d'autres encore qui iraient rejoindre les autres , toutes les autres ? la jeune femme crispe un instant les lèvres , porte son regard vers le cercueil, vers son ami qui a saisi l'une des poignées et attend

Arthur .........rejoint par une femme qui la frôle , qu'elle reconnait . Un capuchon n' a pas tout à fait masqué les traits de cette amie qui se place de l'autre côté

Alors elle s'avance , elle aussi, se met derrière Arthur , saisit la poignée , quelques mots

Arthur , je suis là...........




Petit Ange

Un soir, une mésange se pose sur le rebord de sa fenêtre, Arthur qui écrit. Quelque chose s'était produit. Quelque chose de terrible. Elle comprit alors qu'il était temps de prendre la route.

Comment imaginer ne pas revenir à Moulins en de pareilles conditions, et pour pareille occasion.

Sans réfléchir une seconde de plus, elle rassembla quelques vêtements, essuya une larme roulant sur sa joue, puis prit la route.

A son arrivée à Moulins, le village est étonnamment calme, l'ambiance pesante, les tavernes quasi vides, l'ensemble du village porte le deuil.

Sans dire mot, elle rejoint la foule, se fait discrète, n'ose s'approcher du cercueil, ne veut pas y croire, ne veut pas voir, et ne peut pas accepter.

Alors elle assiste à la cérémonie, se recueillant sur elle même pour rendre un dernier hommage à son amie.




Lililea

Apres en avoir discuté avec Orckis et Lililea ,Arthur prepara une petite cérémonie pour pouvoir dire au revoir à notre Lilou qui nous manquera
Lililea regarda fixement le cercueil en repensant au temps passé,celui ou elle sortait avec Lilou et Bettym ,le temps ou elles faisaient ensemble des batailles de boules de neige ,celui ou elle allaient danser quand des bals qui etaient organisés dans la salle des fêtes , celui ou elles allaient glisser sur le lac gelé l'hiver
Ho oui ,elle en avait beaucoup de bon souvenir avec Lilou
Elle tourna la tête en direction de l'auberge et revoyait Lilou souriante au service des voyageurs et de ses amis ,toujours prête à aider
Pour sur elle etait accueillante la taverniere et sa disparition manquera à ses amis
Lililea se ressaisissa quand Petit Ange arriva ,elle s'avança pour la saluer

C'est gentil d'être venue pour Lilou !!

Puis Lililea se mélangea au cortège en attendant qu'une quatrième personne vienne porter le cercueil .en attendant elle se recueillit


Aube

Elle était revenue à Moulins. Finalement, Arthur avait réussi à faire revenir Lilou à Moulins, pour qu'elle soit enterrée dans son village, par ses amis et sa famille. Et aujourd'hui, elle allait enfin pouvoir reposer en paix, là où elle aurait voulu reposer.

Aube ne connaissait pas Lilou. A peine l'avait-elle croisée un soir, quelques minutes, dans un bar, le temps de faire connaissance et de boire une chope ensemble. Pourtant, elle était triste. C'était comme si elle avait perdu un être cher, car Lilou était l'amie d'Arthur. Arthur lui avait tellement parlé d'elle qu'elle avait l'impression de l'avoir toujours connue, comme si elle avait fait partie de sa vie.

Arthur et Aube s'étaient rendus sur la place du village, au lieu de rendez-vous pour le départ du cortège. Ils ne disaient rien. Qu'auraient-ils pu dire? Qu'aurait pu dire Aube? Il n'y avait rien à dire, il fallait juste être là, pour Lilou, pour sa famille, pour ses amis, pour Arthur...

Quand Arthur estima que toutes les personnes concernées étaient arrivées, il donna le signal du départ, et c'est sous un ciel de plomb que le cortège s'ébranla.

Le cimetière n'était pas très éloigné de la place du village, mais on marchait lentement, comme pour repousser le moment où il faudrait se séparer pour toujours de la défunte, comme si on ne voulait pas encore réellement accepter sa mort. Il régnait dans l'air une sorte de communion d'esprit. On aurait dit que tout le monde avait la même idée en tête, que personne ne pouvait vraiment concevoir que tout était bien fini pour Lilou, que personne ne voulait arriver au cimetière.

Et pourtant, on finit bien par y arriver. Arthur s'arrêta devant les grilles, resta un long moment sans bouger, ne parvenant sans doute pas à aller plus loin. A ce moment, Aube aurait voulu le prendre dans ses bras, le serrer très fort contre elle et l'aider à faire sortir son chagrin. Mais ce n'était pas le moment. Il fallait transporter le cercueil jusqu'à l'endroit où on le déposerait, l'endroit où Lilou reposerait pour l'éternité.

Arthur se dirigea d'un pas hésitant vers le cercueil, en saisit une poignée et resta là immobile, attendant manifestement que d'autres personnes viennent l'aider. Il ne lui fallut pas attendre longtemps. Une jeune fille qu'Aube ne connaissait pas fondit la foule et prit la poignée derrière Arthur. Arthur devait bien la connaître au sourire attristé qu'il lui lança. Puis ce fut au tour de Leg de prendre une poignée du cercueil.

Aube aurait bien voulu venir aussi, mais elle pensa qu'il y avait certainement quelqu'un d'autre qui voudrait le faire, quelqu'un qui avait mieux connu Lilou qu'elle, quelqu'un qui l'avait mieux aimée aussi. Et pourtant, Aube avait aimé Lilou. Elle l'avait aimée par l'intermédiaire d'Arthur, elle l'avait aimée sans la connaître, et sa mort lui avait causé autant de chagrin que si elle l'avait côtoyée des années durant.

Aube resta donc sur place, cherchant dans les yeux de son bien-aimé un regard, un signe qui lui permettrait de savoir si elle devait venir où attendre que quelqu'un d'autre arrivât.




Cristras

Cris s'approcha du groupe sans se faire remarquer. Elle avait longuement hésiter à venir. Ceci ne fesait que confirmer que sa marraine ne serait plus entre eux. Ne serait plus là pour la consoler et lui donner ses précieux conseils.

La jeune femme regarda la silouhette du groupe qui se tenait devant elle, lui cachant la vue du cercueuil, mais elle n'eu pas le courage de s'approcher. Une larme coula le long de sa joue, et les souvenirs revinrent peu à peu à sa mémoire.




Orckis

Orckis rejoignit le cortège alors qu'il se trouvait devant les portes du cimetière. Elle ne fut pas surprise d'y voir une foule de villageois. Tous, connaissant bien et depuis longtemps la défunte, était venu se recceuillir devant sa dernière demeure.

Voyant Arthur s'approcher du cercueil pour en prendre une des poignées, sitôt rejoint par deux femmes encapuchonnées, Orckis fendit la foule et vint attraper la dernière. Elle ne prononça pas un mot et attendit que tous les quatre, dans un même mouvement soulève la boite renfermant l'amie disparue.

Pas un murmure ne parcourait la foule, chacun se reccueilliant sur les souvenirs de la moulinoise trop vite partie. Le silence, juste le silence qui en dit long sur l'émotion partagée par tous... sur le manque de ce rire qui fusait dans le village à n'importe quelle heure de la journée...




Rick

Orckis rejoignit le cortège alors qu'il se trouvait devant les portes du cimetière. Elle ne fut pas surprise d'y voir une foule de villageois. Tous, connaissant bien et depuis longtemps la défunte, était venu se recceuillir devant sa dernière demeure.

Voyant Arthur s'approcher du cercueil pour en prendre une des poignées, sitôt rejoint par deux femmes encapuchonnées, Orckis fendit la foule et vint attraper la dernière. Elle ne prononça pas un mot et attendit que tous les quatre, dans un même mouvement soulève la boite renfermant l'amie disparue.

Pas un murmure ne parcourait la foule, chacun se reccueilliant sur les souvenirs de la moulinoise trop vite partie. Le silence, juste le silence qui en dit long sur l'émotion partagée par tous... sur le manque de ce rire qui fusait dans le village à n'importe quelle heure de la journée...




Cruzzi

Ses pieds semblaient le mener, ils semblaient retrouver les chemins qu’ils avaient l’habitude de fouler. Il tournait la tête à droite puis à gauche et commençait à reconnaitre le paysage, qu’il avait l’habitude de contempler du haut de la muraille de Moulins quand il était encore maréchal.
Ses bottes salies, témoignaient du temps passé sur les routes du royaume, celles qui l’avaient emmené jusqu’en Anjou. Mais aujourd’hui il était de retour, il aspirait à retrouver ses amis qu’il avait quitté il y a maintenant plusieurs semaines.

Ce voyage lui avait semblé plus que nécessaire, pour faire le point, pour se retrouver et penser… La vie à Moulins avait été assez difficile pour lui avant son départ, et c’était plein d’espoir qu’il était de retour dans la ville qui lui avait tout apporté.

Au fur et à mesure qu’il avançait, la muraille de Moulins se dévoilait, grande et belle comme, semblait-il, il l’avait quitté. Il passa enfin la porte et se fut un village marqué par la fin de l’été qu’il trouva. Le froid avait fait son retour dans les rues, était-ce la raison de ce silence ?

Il s’approcha du panneau là où toutes les informations étaient affichées pour avoir un aperçu des dernières nouvelles. Une affiche attira son attention de loin, il se mit à la lire et dés les premières lignes il comprit…
Il prit, quelques secondes après, la direction du lieu indiqué par la dite affiche, tête baissé, le pas lourd.

Un groupe était réunit, là au bout de la rue, où se trouvait la taverne qui avait appartenu à celle qui avait réunit ces personnes aujourd’hui. Les perles… ce lieu qu’il avait tellement fréquenté, là où il avait fait ses débuts, ses premières armes en somme. Il y avait rencontré tellement de personne, dont certains devinrent ses amis proches. Il pensait à Grid, le Duc des perles, il espérait qu’il sache que son Baron était là pour lui et qu’il le serait toujours. Elle, Lilou, elle l’était… une amie sur laquelle on pouvait se reposer, à qui on pouvait se confier. Sa perte était une tragédie pour sa famille, pour ses amis, pour Moulins… Il aurait pensé voir la sœur de la défunte, qui se trouvait être sa marraine devant Aristote, Bettym, qui n’avait surement pas pu faire la route de la Rochelle, ne l’apercevant pas.

Il se dirigea vers le cortège, les amis et proches de Lilou étaient là, il les connaissait tous, car c’était les siens également. Ils étaient venus lui rendre un dernier hommage, elle le méritait incontestablement.
Le Moulinois n’aurait pas pensé à un retour marqué par autant de tristesse mais les circonstances étaient-elles qui ne pouvait en être autrement. Il se dirigea derrière, saluant les amis à côté desquels il se plaça puis suivit le pas.



Arthur Dayne

Il était seul, la main posée sur l'une des poignées de métal qui cerclaient le cercueil. Ses yeux étaient rivés sur cette planche de bois derrière laquelle reposait son amie. La seule pensée qui occupait son esprit, la seule qui lui soit supportable à cet instant, était d'imaginer que derrière ce couvercle absurde se trouvait une jolie brunette, emplie de sourire, les yeux pétillants de vie, réajustant son châle autour de ses épaules, l'hiver arrivant.

Oui, l'hiver approchait. Il n'était qu'à l'orée de l'automne, au vrai. Mais le gel qui frappait le coeur d'Arthur était plus mordant que les pires morsures de l'hiver. Il sentit ses épaules frissonner. Puis une main se posa sur une autre poignée. Arthur leva la tête et découvrit un visage encapuchonné. Des traits qu'il peina à reconnaître tant elle semblait différente. Ce fut sa voix qui ne lui laissa aucun doute.


Je suis là Arthur...

Il lui avait écrit, pour lui annoncer la nouvelle. Comme tant d'autres courriers qu'il avait envoyés. Elle était la seule à avoir répondu. Et elle était rentrée à temps. Stase.

Arthur esquissa un faible sourire. Il n'y avait besoin de rien d'autre, pas de mots, pas de grands gestes pour lui montrer sa gratitude. Stase avait passé des heures aux Perles, comme eux tous. C'était son point de chute, le premier endroit où elle venait poser ses fontes, la première table où elle plantait ses talons. Une sorte de foyer, dans la mesure où une voyageuse comme la Stase pouvait avoir un foyer. Un lien, en tout cas. Un port d'attache.

Le visage d'Arthur se tourna vers la petite foule qui attendait, aux grilles du cimetière. Il manquait des visages qu'il aurait espéré apercevoir. Peut-être allaient-ils arriver, peut-être avaient-ils préféré rester chez eux... Ils ne les jugeraient pas, quoiqu'il en fût, ce n'était pas dans sa nature. Mais il était déçu par certaines de ces absences. Et réchauffé par certaines présences. Ange était venue, elle avait fait le déplacement depuis Nevers. Lili était là, bien sûr. Elle était la plus ancienne des amies de Lilou encore présente ici. Il y avait Cris, qui pleurait sa marraine. Il y avait Aube, qu'il remercia silencieusement de sa présence à son côté. Il aperçut également Cruzz, qui était apparemment rentré à temps lui aussi.

Et deux personnes fendirent tour à tour la foule pour se joindre à eux, pour se faire porteur de Lilou vers son ultime demeure. Leg d'abord, qui lui murmure quelques mots, les mêmes que Stase.

Arthur , je suis là...........

Merci Leg. Merci pour elle.

Et Orckis, qui la suit de peu et se place à la quatrième poignée. Silencieuse elle aussi, elle sait qu'il n'y a pas besoin de mot. Voilà, ils sont quatre, prêts à emporter Lilou vers la terre moulinoise, où elle pourra enfin reposer en paix.

Inspirant profondément, Arthur se prépara à lancer le mouvement, celui par lequel ils soulèveraient le cercueil, mais fut interrompu par l'arrivée d'une nouvelle personne. Un cinquième porteur? Non, juste un ami, un ami récent, le seul vers lequel il s'était tourné pour la question des sacrements. Il n'avait jamais été très doué en la matière, mais il savait que Lilou avait foi en le dieu aristotélicien. Et le seul en qui Arthur avait confiance concernant la religion était Rick.

Arthur, as-tu besoin que je bénisse sa tombe, à défaut de pouvoir faire une cérémonie digne d'elle ? Il ne faut pas la laisser partir sans cela si tu veux qu'elle rejoigne le Soleil et la place qui lui revient.

Oui... Merci Rick. Si tu veux bien nous ouvrir la route, nous allons porter le cercueil jusqu'à la tombe. Je ne sais pas trop comment on procède habituellement... je te laisse juge pour la suite.

Et enfin, sur un petit hochement de tête de sa part, ils soulevèrent le cercueil et accompagnèrent Lilou jusqu'au nid que le fossoyeur lui avait creusé. Ils posèrent le grand écrin de bois qui abritait leur amie au sol, et s'en remirent à Rick pour les sacrements.

Une fois que ceux-ci seraient terminés, Arthur avait prévu de prononcer quelques mots, qui accompagneraient Lilou dans son dernier voyage, et d'inviter ceux qui le souhaitaient à faire de même.




Rick

Quatre porteurs pour une petite boîte en bois dans laquelle reposait une femme qui avait été exceptionnelle aux yeux des Moulinois présents. Il avait interrompu le départ du cortège mais dans le regard attristé d'Arthur, il avait pu lire un remerciement d'être présent. Si le jeune homme avait su que d'ici quelques semaines, il serait à la place de son ami et s'il avait su qu'en lieu et place d'une amie ce serait une épouse qu'il mettrait en terre, pas sûr qu'il aurait eu les idées bien en place.

Oui... Merci Rick. Si tu veux bien nous ouvrir la route, nous allons porter le cercueil jusqu'à la tombe. Je ne sais pas trop comment on procède habituellement... je te laisse juge pour la suite.

Rick prit donc place en tête du cortège et ouvrit les portes à ce sinistre convoi. Il avança lentement à travers les allées du cimetière jusqu'au trou béant creusé par le fossoyeur. Lorsque le cercueil fut posé sur les tréteaux placés devant la tombe et que le petit groupe fut silencieux, le diacre prit la parole.

Enfants du Très-Haut et ceux qui ne le sont pas encore, nous sommes réunis ce soir pour dire adieu à une jeune femme qui est partie trop tôt, Lilou. Nous allons lui dire une dernière fois au-revoir afin de la laisser regagner sa place au Soleil près d'Aristote. Nous allons commencer par réciter la prière du Pardon pour laver nos pêchés.

Rick fit un petit silence avant de reprendre, la main sur le cercueil

Je confesse à Dieu Tout puissant, à tous les Saints, ainsi qu'à vous, ici réunis, parce que j'ai pêché, en parole, en pensée, en action. Je supplie tous les Saints et vous mes Amis, de prier le Créateur pour moi. Que le Très Haut nous accorde son pardon, l'absolution et la rémission de tous nos pêchés

Le diacre attendit que les uns et les autres reprirent la prière et continua sa cérémonie.

Maintenant, j'aimerais que vous ponctuez mes prochaines phrases en répétant celle-ci : Dieu ne détourne pas ton regard de notre amie.

Le jeune homme espérait que malgré leur chagrin, les Moulinois n'hésiteraient pas à répéter cette demande à Aristote.

Après avoir croisé nos regards tout au long de sa vie terrestre, qu'elle puisse enfin voir le tien Seigneur.

Le diacre laissa du temps aux personnes pour répondre en choeur la phrase qu'il leur avait demandé puis il continua

Après l'amitié qu'elle a reçu et qu'elle nous a donné tout au long de sa vie, accorde lui la tienne, l'Ultime, Seigneur !

Nouveau silence religieux puis après un moment il donna une dernière phrase

Après les peines et les larmes qui ont obscurcit sa vie, illumine sa dernière route jusqu'à Toi, Seigneur !

Puis, il termina la prière après un nouveau silence

Seigneur, nous tournons vers Toi, nos espoirs, à l'heure où disparaît le corps de notre amie, qui nous est chère. Accordes-nous l'espoir de la revoir auprès de Toi, pour les siècles des siècles. Amen.

Il était temps pour Rick de faire réciter le Credo à l'assemblée

Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse
Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.

Je crois aussi en Christos
Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et indivisible
En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle

Amen.


Et après la fin de la prière, Rick reprit la parole

Mes biens chers frères et mes biens chères soeurs, je sais que mes mots vont être un peu durs à entendre mais je me dois de vous les dire en ce triste jour. Votre amie n'aurait pas voulu vous voir triste aujourd'hui, elle qui va enfin accéder à la vie éternelle. Voyez cette aura au-dessus de nous et le bonheur qui en dégage... Voyez comme elle est heureuse... Alors pour elle, pour ne pas ternir son passage dans l'Au-delà, je vous invite à vous rappeller tous les bons moments que vous avez passés avec elle, tout ce qui était bon pour vous, en elle.

Rick se tourna vers le fossoyeur pour qu'il fasse descendre le cercueil dans le trou. Puis, il donna sa bénédiction à la défunte et arrosa le bois d'eau bénite. Il ne lui restait plus qu'à donner la parole aux proches pour le dernier adieu.

Si tu veux lui adresser un dernier mot, c'est le moment ! Mon travail s'achève là, je vais vous laisser terminer en intimité.

Et alors que les uns et les autres évoquaient la mémoire de la défunte, Rick s'éclipsa du cimetière, il se devait de rentrer à l'auberge pour préparer son départ.



Cristras

Le cortège se mit en marche, Cris les suivit le regard fixe sur le sol. La douleur s’insinuait en elle, comme la dernière fois, comme avec Maya. Essayant de retenir ses larmes, la jeune femme se mordit la lévre jusqu’au sang.

Soudain la cérémonie commença, les paroles du diacre lui arrivaient comme dans un cauchemard, et résonnaient dans sa tête. Mais, sans qu’elle sache pourquoi, ses lèvres se mirent à réciter la prière
:


Dieu ne détourne pas ton regard de notre amie.
Après avoir croisé nos regards tout au long de sa vie terrestre, qu'elle puisse enfin voir le tien Seigneur.
Après l'amitié qu'elle a reçu et qu'elle nous a donné tout au long de sa vie, accorde lui la tienne, l'Ultime, Seigneur !
Après les peines et les larmes qui ont obscurcit sa vie, illumine sa dernière route jusqu'à Toi, Seigneur !
Seigneur, nous tournons vers Toi, nos espoirs, à l'heure où disparaît le corps de notre amie, qui nous est chère. Accordes-nous l'espoir de la revoir auprès de Toi, pour les siècles des siècles. Amen.


Les larmes avaient fini par envahir son visage, mais Cris ne s’en était même pas aperçue. Absorbée dans la prière elle continua sur le même ton :

Je crois en Dieu, le Très haut tout puissant
Créateur du Ciel et de la Terre
Des enfers et du Paradis
Juge de notre âme à l'heure de notre mort.

Et en Aristote son prophète
Le fils de Nicomaque et de Phaetis
Envoyé sur Terre pour enseigner la sagesse
Et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.

Je crois aussi en Christos
Né de Maria et de Giosep
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce
Il est mort dans le martyr pour nous sauver
Il a rejoint le Soleil, où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut

Je crois en l'action divine
Je crois en la Sainte Eglise aristotélicienne Romaine, une et indivisible
En la communion des saints
En la rémission des pêchés
En la vie éternelle

Amen.


Cris se nettoya du revers de main les larmes qui continuaient obstinément de couler.



Lililea

Lililea recitait tout bas les prieres apres le Diacre quand elle aperçu Cris en larmes
Elle s'approcha doucement d'elle puis lui posa les mains sur ses epaules pour la consoler un peu

C'est un dur moment à passer Cris et nous sommes tous tres affctés par la disparition brutale de Lilou .Elle laisser un grand vide derriere elle et nous ne l'oublierons jamais

Lililea resta aupres de Cris le temps de la cremonie
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Maëline
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Nombre de messages : 573
Date d'inscription : 12/05/2008

MessageSujet: Re: Quand Moulins dit adieu à sa Perle   Mer 6 Oct - 22:04

Cette journée n'était pas comme les autres. Elle avait donc renoncé à ses vêtements déchirés dans lesquels elle était si bien. Ses longs cheveux bruns étaient rassemblés en une natte qui tombait sur son épaule. Elle avait enfilé la robe noir que sa mère lui avait offert, il y a longtemps. Trop longtemps. A l'époque, elle était bien trop grande pour elle. La gamine qu'elle était avait alors haussé les épaules et s'en était allée jouer près de la marre du village. Mais la robe avait été soigneusement rangée, comme si elle avait un rôle à jouer, comme si un jour elle devrait sortir de ce placard dans un but précis. Maë n'avait pas ouvert la bouche de la journée. Elle était revenue à Moulins, juste pour aujourd'hui. Elle aurait voulu y vivre encore, comme elle l'avait toujours fait jusqu'à maintenant, mais elle ne pouvait plus. Contrairement à ce qu'elle avait voulu croire, elle n'avait pas été assez forte pour lutter contre tous les souvenirs qui l'envahissaient à chaque fois qu'elle passait dans une rue. Elle était née ici, avait grandit ici. Elle avait fait ses meilleures et ses pires blagues ici. Certains villageois la détestaient, d'autres avait toujours vu en elle une gamine rebelle et incontrôlable. Les derniers, plus rares, l'appréciaient.

Mais celle que tout le monde aimait, elle, n'était plus là. Et elle lui manquait, terriblement. Maë avait toujours connu sa mère travaillant aux Perles. Elle avait grandit dans cette taverne. Gouté sa première bière là-bas. Observé sa mère servir client après client, toujours avec le sourire. Elle se souvenait de Lilou quittant les Perles en courant pour la rattraper alors qu'elle partait faire une énième bêtise. La jeune fille eu un sourire triste. Elle avait vécu quatorze ans ici. Quatorze ans durant lesquels jamais, non jamais elle ne s'était imaginé perdre sa mère.

Elle avait franchit les murailles du village à l'aube, sur le dos du cheval qu'elle avait hérité de sa mère. Oh non, elle n'avait pas à se plaindre de son niveau de vie. Lilou avait tout prévu. Maë avait hérité de tout ce qui lui fallait pour vivre. Et puis, Lilou avait donné une bonne éducation à sa fille, même si Maë en avait longtemps voulu à sa mère de l'enfermer tous les deux jours dans une salle avec un tuteur. Elle se rendait compte à présent qu'elle vivait seule, à quel point la maitrise de la langue et surtout de ses subtilités pouvait servir. Elle savait à présent se défendre tout en finesse, chose qu'elle avait toujours ignorer auparavant, préférant de loin ses poings. Mais elle avait grandit, surtout depuis qu'Aristote lui avait enlevé celle qui avait toujours été son seul parent. Lilou. Maë fixait désespérément le sol, de peur de voir le fantôme de sa mère passer dans une ruelle, un panier à la main, se rendant au marché pour réapprovisionner les Perles ou sa boulangerie.

De toute manière, la brunette savait quel chemin elle devait emprunter, sans avoir besoin de regarder devant elle. Loustik et elle s'étaient souvent amusés à se lancer des défis dans le cimetière. Et elle gagnait. Pas tout le temps, mais elle montrait souvent beaucoup plus de courage que les gars de la bande. En pensant à son ami, elle se souvint de sa réaction... Il lui en voulait d'être partie, comme beaucoup d'autres. Elle ne se serait pas douté qu'au fond, il tenait à elle. Ils étaient toujours en train de se battre. Mais elle reviendrai vivre ici un jour, quand la douleur sera passée. Moulins était son village. Elle ne l'oublierait jamais.

Lorsqu'elle arriva au cimetière, elle savait qu'il n'y aurait personne. Les villageois devaient partir des Perles, Arthur le lui avait dit. Mais la jeune brunette ne voulait pas aller là-bas, non. Dans ses souvenirs, les Perles étaient le lieu le plus joyeux de Moulins. Elle aimait cette taverne ainsi et refusait de la voir autrement. C'était encore trop tôt. Beaucoup trop tôt pour qu'elle accepte ce qu'il s'était passé. Pour qu'elle accepte que son petit frère grandisse en dehors de cette taverne, sans l'amour de Lilou qui n'était plus là. Oh bien sûr, elle savait que leur mère veillait sur eux. Mais, ce n'était pas pareil... Elle se dirigea vers le fossoyeur, qui la reconnu. Elle lui avait fait bon nombre de mauvaises farces qu'il n'avait peut-être pas encore pardonné. Mais aujourd'hui, elle n'était pas la gamine pleine de fougue qu'il connaissait. Elle était une jeune femme en deuil de sa mère. Maë attendit alors patiemment, perdue dans ses pensées. Elle redoutait le moment où le cercueil arriverait. Arthur avait remué ciel et terre pour la ramener... Elle secoua violemment la tête. Elle ne voulait pas revoir la scène une fois de plus. Elle fixa alors le portail du cimetière, jusqu'à ce qu'elle les voit arriver. Maë était devenue une ado qui ressemblait beaucoup à la gamine qu'elle était. Un caractère de feu, une tête de mule, et une grande indépendance. Mais aujourd'hui, elle était élégante, calme, et sereine. Elle le faisait pour Lilou et lui ressemblait ainsi étrangement. Elle le faisait pour rendre un dernier hommage à celle qui l'avait tant aimé, et qu'elle avait tant aimé.

Les personnes venues assister à l'enterrement avançaient lentement sur le petit chemin de terre. Les contours du cercueil se dessinaient peu à peu, alors qu'elle apercevait des visages qu'elle connaissait depuis son enfance... Arthur, Orckis, Cristras, et une autre personne qui menait Lilou à sa dernière demeure. Pour l'instant, elle n'arrivait pas à la reconnaitre. Puis, dans la foule qui les suivait, Ange, Lili... Et d'autres. L'homme qui menait la marche, elle s'en doutait, était là pour les derniers sacrements. Maë esquissa un sourire pour Arthur, le seul à qui elle avait jamais fait confiance. Elle se plaça à côté de lui, silencieuse...

Ses idées étaient toutes dirigées vers une seule personne, sa mère, Lilou. Sa douceur, son parfum, son sourire... Elle lui manquait.
Terriblement.
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Quand Moulins dit adieu à sa Perle
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