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 [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule

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Marie Alice

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MessageSujet: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Lun 3 Aoû - 21:00

Pourquoi repousser plus longtemps le départ de Joinville? Après tout elle y avait fait ce pourquoi elle s'y était rendue à la suite des attaques de la Zoko et des Lions de Judas sur la Bourgogne. La rencontre avec Eikorc et avec Maleus avait eu lieu. Le premier savait désormais que Gaspard, fils d'Apolonie, était vivant et en sa garde, qu'il pourrait le voir s'il le désirait. Ce qu'il n'était pas prêt de faire à l'entendre. Le second savait lui aussi qu'elle n'avait pas pardonné et que les raisons invoquées n'étaient à ces yeux que mauvaises excuses pour avoir trahi sa confiance.

Gaspard... Elle n'avait point souhaité qu'il vienne. Une prison n'était point le lieu pour des enfants, même si Maeve et Gabrielle n'avaient pu s'empêcher d'y mettre les pieds. D'autant moins après avoir vu l'état des deux hommes, d'avoir soigner l'un d'eux et une femme, Felina. Non, la rencontre entre 'oncle' et 'neveu' se ferait ailleurs. Là où ils pourraient parler. Quoique... Le Géant, parler avec l'enfant, ce n'était pas pour demain. Bref, rester là bas pour ne faire que visiteuse soigneuse, alors qu'Ewaele, son amie et vassale, était partie avec Breccan en Lyonnais Dauphiné, qu'Arthur était reparti, non, elle ne pouvait l'envisager. Tourner en rond encore et toujours, elle ne le supportait plus. Attendre dieu sait quel miracle dans une ville où tout lui était étranger, non plus d'ailleurs. Alors puisqu'Arthur lui avait arraché la promesse de venir à Moulins contre un sourire, un vrai, comme elle les appelait, autant le faire maintenant. D'autant plus que personne ne l'attendait, qu'aucune mission ne lui avait été confiée et que cela faisait bien longtemps qu'une telle situation ne s'était pas présentée.

Une soirée en taverne, à Nevers, un peu étrange. Entre un homme qui fumait des herbes étranges dont il disait qu'elles ouvraient l'esprit, une femme qui venait à Moulins elle aussi mais seulement le lendemain mais surtout un bourguignon qu'elle avait déjà croisé à de multiples reprises, le sieur Dnapo qui regrettait de se retirer chez les moines sous peu et de ne pouvoir du coup accompagnée la 'charmante' Vicomtesse pour la protéger. Charmante... Profond soupir rien qu'en y repensant. S'il savait à quel point ce genre de choses pouvait l'exaspérer.. Elle avait donné sa réponse habituelle, qu'elle avait l'habitude des voyages et que si attaque il y avait, elle se défendrait. Si elle avait su, en aurait-elle donné une différente? Non, se connaissant non.

Un lâche. Un pleutre. Un sans... Comment pouvait-il en être autrement? Comment aurait-elle pu le nommer d'une façon différente? Un homme – si si il était bien du sexe masculin – qui attaquait une femme et deux fillettes de 10 ans. S'il avait cru que la partie serait gagnée d'avance, il s'était lourdement trompé. Le premier réflexe de Marie fut de protéger les filles, leur demandant de ne pas sortir du coche dans lequel elles voyageaient. Epée au clair, elle lui avait fait face et l'aurait certainement vu ricaner s'il avait fait jour. Ricanement vite remplacé par la compréhension de l'erreur qu'il venait de commettre quand, au lieu de subir son attaque, elle prit rapidement l'avantage. Pas si rouillée que cela la Chevalier au final. Et plus si fier à bras le malandrin lorsqu'il abandonna le combat en filant plus vite que l'éclair. Même pas eu le temps de s'échauffer et encore moins de faire glisser la lame tranchante sur un morceau de peau, de trancher, de couper... Non.. Rien du tout. Pourtant, quelque part, elle aurait aimé pouvoir décharger ainsi la colère qui ne cessait de couver en elle depuis la mort de son fils, de son frère, depuis son sentiment d'abandon qui la rongeait jour et nuit parce qu'il ne sortait plus de son mutisme qu'à de très rares exceptions, qu'il avait même fini par se dire fatigué et par aller se reposer dans un monastère. Un monastère. C'était derrière ces murs épais qu'étaient morts sans elle bien trop de gens. Jacques, son premier grand amour, père de ses ainés, Arthur justement son fils, Aleksandr son frère.. Désormais elle ne pouvait songer qu'avec une sorte de terreur à ces lourdes portes qui se refermaient sur les vivants, espérant que Gaborn, Gaspard son filleul et Aleanore sa fille ainée en ressortiraient debout, eux. Que la malédiction qui semblait peser sur elle s'arrêterait là.

La route fut reprise, Moulins se révéla devant elles alors que le soleil se levait sur ses remparts. Moulins et forcément en sa mémoire Apolonie, son amie. Serait-elle contente de sa façon de s'occuper de Gaspard? Ne regrettait-elle point son choix? Arthur semblait persuader que non lui. Mais Marie.. Marie, comme toujours, ne se trouvait jamais à la hauteur lorsqu'il s'agissait de ses proches. Plus elle les aimait et plus le sentiment de faute s'alourdissait. Et comme elle n'aimait jamais à moitié...

Un profond soupir, en venant ici elle avait tenu sa promesse, au moins en partie. L'autre était d'essayer de s'occuper d'elle comme disait son ami moulinois qui refusait de comprendre qu'elle ne savait point faire et que, pire encore, pour elle c'était une perte de temps et le meilleur moyen pour qu'elle finisse tout à fait folle.

Portes franchies, arrêt à la première taverne où on ne put leur indiquer où Arthur Dayne résidait, même si on le connaissait. Décision de chercher par soi-même. Suivre la rivière avait-il dit une fois....
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Arthur Dayne
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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Lun 3 Aoû - 23:10

Il devait bien y avoir passé deux bonnes heures. Du geste du bras, il tenta d'éponger, sans vraiment y parvenir, la sueur qui lui perlait au front. Il planta sa hache sur l'un des rondins de bois. Cette satanée souche, qu'il avait sorti de la rivière la veille et qui avait séché toute la nuit, était enfin débitée comme il le fallait. Il ne finirait plus les quatre fers en l'air au milieu de la rivière. Enfin, plus à cause d'une souche, du moins. Enfin... plus à cause de cette souche là, pour tout dire.

Arthur s'apprêtait à rentrer à la chaumière pour s'y caler l'estomac, lorsque Lewyn, l'un des chats qui l'avaient observé d'un oeil perplexe pendant qu'il s'échinait à tailler l'énorme souche de bois qui avait obstrué la rivière, fut soudain aux aguets. Il avait repéré quelque chose, là bas, en amont de l'Allier. Sans doute un oiseau, ou peut-être un de ces gros rats qui creusaient des galeries le long des berges, et contre lesquels Gerold, le majestueux chat blanc, aimait à se mesurer en combat singulier.

Mais rien de tout cela. Ni oiseau, ni rat, ni bête quelconque... Il s'agissait en fait, de si bon matin, de Marie Alice, qui tenait par la main Maeve d'un côté et Gabrielle de l'autre. Arthur s'épongea encore le front, attrapa sa chemise qui traînait là, l'enfila en vitesse et s'avança à leur rencontre. Lewyn posa sur lui ses prunelles dansant entre le rouge et l'orangé, animée d'une lueur interrogatrice, avant d'étirer sa fine silhouette noire et de trottiner à sa suite. Oswell, qui devait chasser, ou tenter de chasser étant donné l'embonpoint qu'il avait encore pris en l'absence d'Arthur, dans un coin, accourut bientôt à leur suite. Les deux chats noirs lui faisaient une étrange escorte, et leur petit trio créait un étrange reflet avec Marie et les deux fillettes, qu'il rejoignit bientôt.

Bonjour Marie Alice. Bonjour Maeve, bonjour Gabrielle. Ravi de vous voir en ma modeste demeure...


Après avoir déposé une bise sur la joue de chacune d'entre elles, Arthur les invita à le suivre vers la chaumière. Ils atteignirent le tas de bois nouvellement coupé, et bifurquèrent sur la droite. Là se trouvait le terrain d'Arthur à proprement dit, bien qu'aucune barrière d'aucune sorte n'en délimite la surface. Quelques saules, dont l'un trônait plus haut que les autres, ombrageaient la berge. Il fallait ensuite traverser le terrain, qu'égayaient ça et là des arbres de tailles et de natures diverses, dont deux entre lesquels était tendu une toile dans laquelle Arthur aimait à se reposer les longs après midi d'été. Une table, qui nécessitait d'être remise en état, servait de promontoire à quelques oiseaux qu'Oswell s'empressa d'aller chasser, sous le regard placide de Barristan, le chat au pelage gris clair qui était étendu dans l'arbre à quelques pas de là.

La chaumière en elle même comportait un étage, mais pour l'heure, Arthur fit entrer ses invitées dans la pièce principale et les fit asseoir autour de la table. Machinalement, il effleura du dos de la main sa pommette blessée, que Lililea avait laissée libre aujourd'hui sur l'insistance de Ninon, qui voulait qu'il fasse bonne figure au bal. Il jeta un coup d'oeil circulaire dans la pièce, comme pour inviter ses convives à faire de même.

C'est loin d'être un château... mais il y a suffisamment de place, et surtout, on y est au calme. Je... euh...

Il se gratta la tête.

Je vous sers quelque chose à boire? De l'eau? Un verre de lait? Ou je vous montre les chambres tout de suite? Le voyage s'est bien passé?

Il s'arrêta, sourit en coin et passa une main dans ses cheveux en bataille.

Je pose trop de questions, peut être...
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Marie Alice

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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Mar 4 Aoû - 19:35

L'allier et ses méandres, ses rives ombragées, une femme et deux enfants qui seraient bientôt suivies de deux serviteurs pour porter leurs effets. Guère nombreux, Marie avait l'habitude de voyager léger et n'était pas du genre à s'encombrer d'un tas de malles qui nécessitait chariot et une suite de valets et autres serviteurs. Non. Plus elle pouvait se sentir libre mieux c'était. Et vu qu'en plus le Duc ne l'accompagnait pas, l'escorte en était d'autant plus réduite. Plus de Duc.. .Une partie du problème qui occupait ses pensées depuis quelques temps déjà. Fichu monastère, fallait-il qu'elle ait la foi pour ne pas se mettre à brûler ceux qui retenaient ses proches, ceux qui les avaient entrer et ne jamais en sortir.

Le jeune femme marchait lentement, observant les frondaisons, la rivière qui coulait, rapide, dansante, chantante même, entre les berges, levant de temps à autre les yeux pour voir si elle apercevait enfin la demeure recherchée. L'endroit était calme, presque silencieux et pourtant, si on tendait l'oreille, bruissait de mille petits voix et autres sons. L'eau donc, la brise dans les feuilles, l'herbe foulée aux pieds, les oiseaux faisant concours de chant... Mille et un bruits de vie, tout autant de jeux de lumières entre soleil et d'ombres.

De nouveaux bruits et une silhouette attirèrent son attention et peu à peu, elle reconnut Arthur qui avançait accompagné de deux chats. Les fameux dont Maeve lui avaient parlés sans doute. Souriant, leur hôte du moment les accueillit avec un baiser à chacune avant de les entrainer à l'intérieur de sa maison, leur faisant visiter les abords. Petit certes mais si la grandeur d'un domaine rendait les gens plus heureux, elle le saurait. Cela mettait à l'abri du besoin, assurait le côté matériel mais n'empêchait point le malheur de s'abattre sur celui-ci. Rien ne l'empêchait. Elle avait mis un temps certain à le comprendre mais en portait désormais le poids derrière les sourires trop souvent factices qui ornaient ses lèvres.


C'est très bien Arthur, ne vous inquiétez donc pas de cela. Merci à vous de nous accueillir.

Du lait pour les filles, et pour moi je préfèrerais un peu de vin si c'était possible. Le voyage.. Et bien jusqu'à Nevers sans encombre, puis entre Nevers et ici nous avons rencontré un fâcheux qui a cru pouvoir aisément détrousser une femme et deux enfants.


Un sourire en coin vint étirer ses lèvres.

Je crois qu'il a rapidement compris qu'il n'y arriverait pas et que je savais me défendre.

Ses yeux faisaient le tour de la pièce tout en parlant et revinrent se poser sur la joue du maitre des lieux.

Je vois que votre blessure ne s'est pas refermée correctement. J'aurais dû faire quelques points finalement. Elle ne vous fait pas trop souffrir?

Elle s'assit sur le rebord de la fenêtre, laissant ses pieds entamer un balancement lent, essayant de se détendre et de laisser la fatigue du voyage s'atténuer, dénouer ses muscles qui commençaient à se rappeler à son bon souvenir.

Et ce retour? Aucun regret?
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Arthur Dayne
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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Dim 9 Aoû - 13:17

Tout en servant deux verres de lait et deux verres de vin, Arthur écouta Marie lui conter leurs aventures. Il fronça les sourcils lorsqu'elle évoqua le brigand, laissa échapper un soupir de soulagement en apprenant qu'il avait été facilement mis en déroute.

Il but une gorgée alors que ses invitées faisaient de même, et Marie l'interrogea sur sa blessure. Il posa instinctivement les doigts sur sa pommette meurtrie.


Oh, ne vous inquiétez pas... Je suis allé voir le médecin du village. Elle m'a dit qu'avec des cataplasmes, la blessure ne tarderait pas à se refermer.

Et ce retour, aucun regret?

Il esquissa un sourire.

Aucun. Il m'a fallu du temps pour me libérer de tout ce poids qui m'étouffait... et qui n'avait plus grand chose à voir avec la tristesse que... qu'elle soit partie. Mais aujourd'hui, je suis revenu ici, et je m'y sens bien. A ma place.

Il regarda Maeve et Gabrielle boire en silence, et revint à Marie.

Certes, les nuits ne sont toujours pas des plus faciles, et je ressens toujours ce vide lorsque son visage vient naître derrière mes paupières... mais je me sens... mieux.

Il termina son verre et leur indiqua où elles pouvaient déposer leurs quelques affaires. Vu le peu qu'elles avaient sur elles, Arthur se douta qu'un porteur devait suivre avec le reste des affaires. Il n'avait pas une très grande expérience de la gente féminine, mais il avait vécu quelques années avec Orckis, et même si Apo n'était pas réputée pour emmener beaucoup de robes dans ses voyages, il savait bien en voyant grandir Iliana que trois filles sur les routes ne partaient généralement pas avec un simple baluchon.

Une fois que Maeve et Gabrielle eurent pris leurs quartiers dans la chambre qu'Arthur leur avait préparé, elles filèrent explorer le terrain qui allait jusqu'à la rivière. Marie redescendit quelques minutes plus tard, alors qu'Arthur chassait Oswell qui lorgnait sur le lapin qui mijotait sur le feu, prévu pour le repas du soir.


File de là, tu n'en auras pas une miette. Tu as déjà largement engraissé pendant que j'étais en voyage, il va falloir remédier à tout ça, mon bonhomme...

Arthur s'aperçut de la présence de Marie lorsqu'elle eut quitté l'escalier. Il passa une main dans ses cheveux en bataille, demi sourire au coin des lèvres.

Pardonnez moi... Il m'arrive souvent de leur parler, une habitude de solitaire, sans doute... Que désirez vous faire? Vous rendre au village? Faire une balade dans la campagne? Ou tout simplement rester ici?
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Marie Alice

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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Mer 12 Aoû - 15:56

Elle l'avait écouté, attentive, observatrice, buvant quelques gorgées du liquide d'un vermeil sombre en son verre. Elle comprenait, savait, connaissait par coeur cette sensation qui vous prenait parfois à la gorge, comme si une main venait de s'y poser et la serrait, sans que rien ne sembla pouvoir l'arrêter. Une sorte d'enfermement où tournaient en boucle regrets, remords et culpabilité, vous entrainant dans une ronde sans fin, valse lente de laquelle on n'arrivait point à s'extirper. Parfois le rythme s'accélérait à lui en donner le tournis, noyant visages et voix en un brouillard épais. Puis la main se retirait, lâchant la pression, juste avant qu'elle ne cessa de respirer ou ne tombe, la laissant continuer jusqu'à la prochaine fois, où sans crier gare, elle viendrait à nouveau l'enserrer.

Alors oui elle comprenait.

Sans un mot de plus, juste un regard, elle le suivit avec les filles, les aidant à s'installer avant qu'elles ne demandent la permission d'aller jouer dehors avec les chats, permission qu'elle leur accorda volontiers. Qu'elles gardent le plus longtemps possible l'insouciance propre à leur âge, même si déjà, la vie ne les avait point épargnées, c'était là tout le mal qu'elle leur souhaitait.

Elle s'appropria à son tour la chambre qui lui était dévolue, détacha l'épée qui ne quittait guère sa taille que pour des cérémonies où elle devait se rendre, et encore, cela dépendait des cérémonies en question. Sa cape la rejoignit ainsi que la besace puis elle redescendit doucement les marches pour retrouver Arthur en grande discussion avec un chat. Marie sourit lorsque, gêné, il s'aperçut de sa présence.


Ce n'est rien voyons. Vous devriez me voir avec Alestria, ma jument.

Demi-sourire du moulinois, elle se retint de lui en demander un vrai, se rappelant au dernier moment que sa plaie le ferait alors souffrir lorsque ses lèvres s'étireraient pour le lui offrir.

Hum... Et bien pourquoi pas une balade? Vous avez sans doute des endroits à me faire découvrir aux alentours et les filles ne risquent rien ici.

Et puis, besoin de calme, besoin de parler sans doute également. N'avait-elle pas promis de venir en partir pour cela aussi? Lui parler, l'écouter, essayer de ne pas s'énerver lorsqu'il risquait de la pousser dans ses retranchements? Et il était doué pour cela même s'ils ne se connaissaient que depuis peu à vrai dire. Rapprochés par Apolonie alors même qu'elle n'était plus la brunette. Ne pas céder à la vague de souvenirs s'approchant à grands pas, les refuser pour l'heure, sans y arriver vraiment mais les tenir à distance.

Quelques pas et déjà dehors, sous le soleil cuisant d'été, tamisé par les branches des arbres, retenant un peu de son feu jouant sur les peaux pour les faire rougir. Horreur que cela pour tout noble dont la peau se devait d'être d'une blancheur sans faille, le doré faisant penser aux paysans qui s'échinaient des heures durant sous ses rayons. Noisettes levées alors qu'une de ses mains se portait sur son front pour les protéger de la luminosité, se perdant un instant dans les feuilles qui s'agitaient par moment. Laisser l'astre et la brise se mêler sur son visage, s'alterner, se courser, se fuir pour mieux se rejoindre tels deux amants maudits. Noisettes baissées sur les deux têtes enfantines, brune et rousse, sourire tendre avant de s'en approcher pour leur signifier qu'ils allaient se promener et qu'elles pouvaient rester ici, que bientôt les serviteurs amèneraient les effets. Un baiser sur chaque front puis elle suivit son guide, pieds foulant à nouveau l'herbe tendre.
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Arthur Dayne
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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Dim 16 Aoû - 22:33

Une balade. Diable oui, il y avait bien des lieux à visiter, même sans se rendre jusqu'à la ville. Et puis Marie semblait plutôt, au vu de son état d'esprit de ces derniers temps, avoir besoin de lieux où il n'y avait pas foule. Ce qui convenait parfaitement à Arthur, qui ne s'était pas installé dans cette chaumière, à l'écart du village, par hasard. Ils retournèrent à l'extérieur, où Marie donna quelques conseils aux filles. A la voir ainsi, prendre soin des deux fillettes et déposer un baiser sur le front de chacune, Arthur se demanda comment elle pouvait encore se croire incapable de leur apporter ce dont elles avaient besoin.

De son point de vue, et il le lui avait fait partagé à plusieurs reprises, Marie était le meilleur choix qu'Apo avait pu faire en ce qui concernait la garde de Gaspard. Et par extension, elle était une bonne mère pour Maeve, Aleanore et Gabrielle. Elle voulait simplement trop bien faire, et ne se pardonnait aucune erreur. Là où frappait le sort, où l'expérience, fut-elle mauvaise, se révélait un moyen d'avancer, elle persistait à se trouver fautive. Mais Arthur avait compris, au gré de leurs discussions, que l'armure que Marie avait construite autour d'elle était d'une nature bien différente de la carapace dont Apo s'était vêtue. Et il avait senti également que la moindre faille dans cette armure risquait de causer des dégâts dont il n'avait pas vraiment idée.

Il avait donc décidé de cesser de la pousser dans ses retranchements, comme il le faisait avec Apo. Il espérait simplement qu'elle profiterait de ces quelques jours qu'elles allaient passer à Moulins. Pas pour faire le point, ni même le vide. Juste pour voir autre chose. Une fois les filles mises au courant qu'elles avaient toute liberté de jouer avec les chats parmi les herbes à la seule condition qu'elle ne quitte pas l'ombre de la chaumière et prennent garde à la rivière, Arthur et Marie se dirigèrent vers les berges.

La chaleur de cette matinée d'été accompagnait leurs pas, et la lumière que découpait en une mosaïque étrange et désordonnée le feuillage des saules dessinait sur leurs vêtements des motifs sans forme ni volonté distinctes. Après quelques pas le long de la berge, dans la direction opposée d'où ses invitées étaient arrivées, ils n'eurent plus comme compagnons que le bruissement de la rivière, le chant ténu du vent dans le feuillage des arbres, et l'un des chats, Lewyn, dont les prunelles rouges rappelant le soleil rougeoyant qui brûlait le sable de certains déserts, si loin d'ici, s'étaient posées sur les deux fillettes, déjà occupées à courir après Oswell et Gerold, et avait jaugé la situation et convaincu Lewyn qu'il était plus sage de suivre Arthur et Marie vers le calme.

Alors qu'il observait la silhouette élégante de Lewyn qui marchait devant eux, le pelage aussi noir que la nuit, Arthur brisa le silence pourtant apaisant qui les entourait.

Vous voyez, Marie... quand je suis arrivé à Moulins, je n'étais qu'un vagabond qui errait sur les routes du royaume. J'avais débarqué sur les côtes bretonnes, et pendant plusieurs mois, je n'avais posé mon baluchon nulle part plus de deux jours. Et puis je suis arrivé ici. A Moulins. J'ai visité la ville, fait quelques rencontres en taverne.

Qui, il ne s'en souvenait plus vraiment. Il n'avait pas eu l'intention de rester, et il était plutôt sauvage à cette époque. Bien plus qu'aujourd'hui, du moins.

Puis j'ai flâné dans la campagne, prêt à repartir le lendemain. Et en flânant, j'ai trouvé la chaumière. En ruine. Il ne restait qu'un pan de mur, et un arbre poussait au milieu. Mais j'ai su. Quand le murmure de la rivière est venu caresser mes oreilles... quand j'ai senti le parfum des herbes qui poussaient en liberté entre les arbres... quand les chats sont arrivés, un par un, pour observer ce curieux étranger qui commença à reposer des pierres les unes sur les autres... C'était chez moi. Un endroit qui ne m'appartenait pas, mais auquel j'appartenais désormais. Et je savais que, même si je partais loin au delà de l'horizon, je pourrais toujours y revenir pour y poser mon baluchon.

Il était rare qu'il parle autant, et surtout autant d'un coup. Mais il avait trouvé en Marie une rivale très douée au jeu de qui parlerait le moins facilement de soi. Il esquissa un demi sourire.

Existe-t-il un endroit qui ait le même pouvoir dans votre vie, Marie?
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Marie Alice

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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Mer 19 Aoû - 16:22

Un chat avait décidé de les suivre tandis que les autres formaient comme une sorte de garde rapprochée des filles ce qui avait tiré un petit sourire à Marie. Celui qui marchait avec eux avait des prunelles tirant sur le rouge, lui donnant un regard à la fois hypnotique et presque inquisiteur. Que se passait-il derrière ses billes? Etait-il aussi calme qu'il y paraissait? La vie d'un chat était-elle plus enviable que celle d'un humain? Guère non, à fortiori quand le pelage était d'un noir de jais et qu'il y avait filiation avec le sans nom. Avaient-ils vraiment 9 vies comme le disait le dicton? Drôles de pensées et de questions qui s'additionnaient à celles déjà présentes sous les boucles brunes. Des fois qu'il n'y en ait point assez et qu'il faille en rajouter. Jusqu'à implosion? Explosion? Ou juste une couche d'armure en sus?

Arthur avait souvent essayé d'y trouver une fente, une faille, un interstice, poussant toujours plus loin, la questionnant, la faisant reculer pas à pas, comme pour l'acculer. Mauvaise idée lui avait-elle toujours dit. Parce qu'alors elle ne savait point comment elle réagirait si elle n'avait plus d'échappatoire. La dernière fois elle avait touché du doigt ce qui ressemblait fort à la folie, lorsque l'ouragan, qu'elle maitrisait d'habitude, s'était levé. Elle s'était alors retrouvée à la fois spectatrice, victime mais aussi tempête, le tout mêlé, sans ne plus rien contrôler. Cette sensation de chute vertigineuse, de puits sans fond, d'étouffement qu'elle ne voulait plus jamais revivre.

Ce qui la tira de ses cauchemars? Le soleil? La brise? Ou bien la voix d'Arthur? Son regard se porta alors sur le visage de son compagnon de promenade, les pas continuant à s'enchaîner les uns après les autres, en un parfait mécanisme si bien huilé qu'aucun poids n'arrivait à l'enrailler. Heureusement, sinon celui qu'elle s'infligeait jour après jour l'aurait plaqué à terre sans plus aucune possibilité de bouger ni même, sans doute, de respirer. Si elle se souvenait de son arrivée en Bourbonnais Auvergne, venant de loin, à l'est, ayant dû apprendre pendant ce long voyage une langue qu'elle ne connaissait guère. Celle en Limousin était plus récente mais les souvenirs n'étaient pas plus vifs que ceux d'une enfant arrachée de sa terre natale et d'une famille en deuil. S'ils avaient su à l'époque qu'Alexandr était bien vivant...Ne pas penser à cela, de toute façon il n'était plus et cette fois c'était une certitude. Auparavant aussi cela l'était lui souffla la voix désormais bien connue. Froncement de sourcils, non, elle ne se raccrocherait pas à l'espoir qu'il pouvait être caché quelque part, ayant à nouveau oublié son nom ou bien ne pouvant les joindre. Non, assez d'illusions foulées au pied, d'espoirs déçus. Marie ne les laisserait pas la porter pour mieux l'engloutir quand il n'y aurait plus d'autre solution que de faire face à la réalité, crue et terrible.

Puis la question à laquelle elle ne s'attendait pas franchit les lèvres du moulinois. La mécanique s'arrêta et les pas cessèrent de se suivre tandis qu'elle restait un moment sans vraiment trop savoir quoi répondre. Et pour une fois les pensées se firent à voix haute.

Un endroit où je me sente vraiment chez moi? Où je puisse baisser ma garde et me sentir libre? J'ai peur que non. Je n'ai plus ressenti cela depuis bien longtemps. Peut-être parce que je ne reste jamais longtemps en place. Le seul endroit où j'ai un petit sentiment de liberté est quand je suis jugée sur le dos d'Alestria, ma jument, et qu'elle est lancée au galop. Cela fait souvent râler mes gardes parce que je ne respecte aucune notion de prudence, les avisant à peine lorsque je pars ainsi en promenade. Longtemps le Limousin a été ce chez moi, je l'avais choisi, m'y étais installée. Désormais mes terres m'y relient, des amis aussi mais je ne m'y sens plus à ma place. Je l'ai cru alors près de Gaborn mais ses silences, ce vide.... Non.. Je n'ai pas d'endroit qui ait ce pouvoir sur moi. Je ne sais si c'est triste ou pas, je sais juste que c'est ainsi. Peut-être que je n'ai juste plus envie de m'attacher, même à une terre, de peur qu'elle aussi me délaisse.

Petit sourire entre amertume et acceptation, noisettes plantées dans le regard d'Arthur. Décidément elle ne lui facilitait pas la tâche mais elle n'y pouvait rien.

J'ai pris l'habitude des chemins, de villes différentes à chaque fois, de visages inconnus et parfois des lieux et des gens connus, d'autres qui la connaissaient et dont elle ne se rappelait point ni le visage ni le nom. Elle présentait alors ses excuses mais n'aimait guère ne point reconnaître les gens ainsi.

Peut-être que cela viendra un jour, peut-être est-ce arrivé sans que je m'en rende compte ou bien peut-être tout simplement que je ne le trouverai pas.
Léger haussement d'épaules.

Pourquoi cette question?
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Arthur Dayne
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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Dim 6 Sep - 22:50

Pourquoi cette question? Parce qu'il en est des milliers à poser et qu'il faut bien en choisir une. Parce que Marie Alice Alterac est un étrange labyrinthe dont les murs se referment aussi vite qu'ils se sont entrouverts, et que les questions qui libèrent quelques chemins sinueux sont délicates à découvrir. Parce que le propre esprit d'Arthur ne manque pas de détour tortueux lui aussi, et que cette question là répond sans doute à une forme de logique connue de lui seul.

Parce que je cherche ce qui, dans votre vie, peut vous servir de branche de salut. Peut être est-ce le voyage. Pour moi, il a été une fuite. A deux reprises. Une fuite nécessaire à ma reconstruction, mais qui reste une fuite, un manque de courage, un détour vers une bouffée de liberté qui n'est qu'une bouffée. Salutaire mais sans lendemain.

Se disant, Arthur se baissa pour ramasser une pierre plate. Il la jeta vers la rivière, lui imprimant un mouvement circulaire, et la pierre fit six ou sept ricochets. Iliana devenait plus forte que lui à ce jeu là. Maë lui avait appris à en faire plus de dix. Parcourir les villes du royaume à la recherche d'une chimère pouvait se résumer, dans la vie d'Arthur, à des ricochets sur la surface d'une rivière. De menus rebondissements, qui laissent une trace éphémère dans l'eau, puis s'effacent, ne laissant plus que le souvenir d'une jolie forme, d'un reflet particulier, avant de revenir au calme d'une vie sédentaire.

Je crois que le vagabondage, chez moi, se fait par l'esprit. J'ai un lieu de repos, d'ancrage, où je reviens chaque fois, un lieu matériel, qui existe dans cette réalité ci. Mais dans le monde de l'esprit, je flâne, j'erre parfois, je me perds et me retrouve, je vogue ça et là, au gré de mes envies ou de mes craintes. Peut être est-ce le contraire pour vous, Marie. Dans ce monde ci, celui des réalités tangibles, vous bougez sans cesse, vous n'avez pas ou peu de point fixe auquel vous raccrochez. Mais votre branche de salut se trouve peut être au sein de votre esprit. Ce qu'on appelle "principe", à tort dans certains cas. Ce qu'on appelle "vertu", encore plus à tort... Ce que l'on nomme parfois "ligne de conduite", sans que cela ne soit très clair. Comme si les mots de notre monde ne parvenaient pas réellement à emprisonner cette notion là d'un ancrage spirituel. Ce que j'aime pour ma part à décrire comme un choix de vie auquel on tente de se tenir, peut être est-ce là que se trouve votre port d'attache.

Demi sourire alors que s'évanouissent, comme prédit quelques secondes plus tôt, les cercles qui avaient ridé un court instant la surface mouvante de la rivière.

Mais voyez... mes paroles vagabondent et je ne sais même pas si ce que je vous dis a le moindre sens.

Arthur effleura du doigt sa pommette meurtrie, preuve que certaines errances peuvent être dangereuses. Preuve aussi que les blessures sont parfois le signe d'un chemin retrouvé.

Pourquoi cette question, Marie? Parce que je m'inquiète pour vous, je crois. Je ne sais pas si c'est raisonnable, ni même si j'en ai le droit, mais c'est ainsi. Je n'y puis sans doute rien, comme vous me l'avez fait comprendre, mais allez savoir pourquoi, je ne peux m'empêcher d'éprouver une forme d'empathie qui me pousse à toujours vouloir essayer d'aider ceux que j'aime, fut-ce perdu d'avance...

Regard porté sur la rivière, pour éviter le regard de Marie, peut être. Jamais jusqu’alors il n’avait dit les choses aussi directement. Qu’il la considérât depuis longtemps comme une amie, cela était une évidence pour les deux. Qu’il se fasse du souci pour elle, il le lui avait fait comprendre. Mais jamais de manière aussi claire. Il savait que les mots pouvaient avoir une répercussion inattendue sur Marie, comme si, d’un coup, ils libéraient des émotions enfouies depuis trop longtemps, ou créaient une brèche qu’il était urgent et vital pour elle de colmater au plus vite. Et il était toujours impossible de prévoir si les paroles qu’on prononçait auraient de telles conséquences. Aussi Arthur préféra écouter le bruissement de la rivière adoucir ses propres inquiétudes pour son amie.
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Marie Alice

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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Mar 8 Sep - 17:39

Observer et écouter la réponse, continuer à le regarder, ses yeux, son visage, ses gestes. Tout ce qui pourrait d'une façon ou d'une autre l'aider à comprendre, lui donner un indice. Même s'il fuyait, non point en paroles, mais bien en détournant les yeux.

Elle porta son attention sur la rivière, sur l'endroit où quelques instants auparavant des cercles s'étaient formés pour aussitôt s'évanouir, disparaître, ne laissant nulle trace de leur existence éphémère. La vie humaine lui semblait être si proche de ces ronds... Plus longue certes à l'échelle des hommes, encore plus courte à l'échelle du Très Haut. L'importance qu'ils s'accordaient tous, minuscules fourmis travaillant à cette oeuvre commune qu'était le monde, minuscules fourmis travaillant souvent à l'inverse les unes des autres, bien loin alors de ces insectes qui dévouaient leur vie à la communauté, toutes marchant dans le même sens, répétant inlassablement les mêmes gestes. A quoi ressemblaient leurs vains efforts vu du Soleil? Etaient-ils aussi ridicules qu'elle en avait de plus en plus l'impression? A quoi tout cela servait en fin de compte? Jamais la paix ne durait. Jamais la peine ne cessait. Toujours des combats ici ou là, toujours des morts, des abandons... Toujours la solitude qui avait commencé à ronger son âme après avoir presque fini d'émietter son coeur.

Elle s'approcha de la rive, s'accroupit et se mit à la recherche du caillou parfait. Voici bien longtemps qu'elle n'avait fait des ricochets. Son frère Aleksandr lui avait appris alors qu'elle n'était qu'une enfant et qu'il jouait son rôle de grand frère protecteur et de professeur. Tant d'heures à lui montrer comment poser des collets, à lui transmettre ce que son maitre d'armes venait de lui enseigner, à rire ou à se disputer. Ailleurs, voici longtemps, elle avait eu une enfance heureuse, bien loin des tracas, protégée et choyée par une famille aimante. Temps révolu désormais. Sa main se referma sur l'objet recherché, elle se releva et lança à son tour, suivant des yeux le galet qui, à son tour, forma des cercles concentriques avant de disparaître au fond de l'eau tandis que toute trace s'évanouissait.

Marie se remit à chercher, pour relancer, encore et encore, se penchant, se relevant, jetant tout en répondant à Arthur près d'elle.


Le voyage n'est point une branche de salut, je le sais depuis belle lurette. Il m'a servi, fut un temps, à respirer, à sortir d'une monotonie qui me tuait à petit feu, d'un Comté où je ne trouvais plus ma place. Il m'a servi plus tard à prendre conscience que malgré l'amour que je portais à mon époux je le rendais malheureux, que ma vie ne me convenait point, qu'il me fallait partir. Il m'a servi à rencontrer Gaborn, à me redonner envie, espoir. Je ne regrette rien. Mais je sais que tout ceci n'a jamais été qu'une fuite en avant.

Pierre après pierre, ricochet après ricochet, la brune se laissait étrangement aller à des confidences, à dire des choses qu'elle s'était avouée voici peu, parce qu'elle était désormais persuadée que le bourguignon ne reviendrait point. Comment, pourquoi... Elle n'aurait pu le dire. Elle le savait juste, au plus profond d'elle, en chaque fibre de son corps. Et lentement se sentait couler. Comme chaque pierre qu'elle lançait sans quitter l'eau des yeux. Intime conviction ou bien intuition, à vrai dire qu'importait le nom de ce sentiment, il n'en changeait point la teneur.

Mon devoir, mon choix de vie, c'est surtout une promesse faite à moi-même pour rendre fier de moi un père éploré d'avoir perdu celui qu'il croyait son fils unique. Je devrais aussi dire celui qu'il croyait avoir perdu. Mais c'est une longue histoire. Je suis faite des neiges éternelles et des glaces de mon pays de naissance, des volcans et de la lave de la région où j'ai grandi ensuite, aux côtés d'Ewaele. Je suis tant de contradictions Arthur et tant de similitudes. Tant de forces et de failles. Je m'y perds moi-même. Alors là encore je ne regrette rien. Servir est dans mon sang, dans mon nom. Le devoir est quelque chose qui coule dans les veines des Jagellon depuis des générations. C'est ainsi et je l'ai accepté. Mais ce n'est en rien un point d'ancrage.

Inquiétude venait-il de dire. Parce qu'elle faisait partie de ceux qu'il aimait. Marie ne s'étonnait plus des amitiés diverses et variées qu'elle formait ici ou là. Arthur, rencontré à Moulins quand elle était venu chercher Gaspard, Arthur vu à l'enterrement d'Apolonie sans avoir à l'époque la moindre idée du lien entre les deux auvergnats, Arthur devenu un ami oui, présence discrète, souvent rêveur, qui savait la plupart du temps mettre le doigt où cela faisait mal. Pas pour la blesser, pour essayer de la faire avancer. Mais lui non plus n'y pouvait pas grand chose. Son armure était devenue une partie d'elle-même, protection et prison mêlées, enchevêtrement savant de culpabilité, de colère, de peine, de blessure, de force, de fierté. Elle se tourna enfin vers lui, ne croisant que la joue abimée.

Je vous remercie de votre sollicitude Arthur, de votre soutien, de votre désir de m'aider. J'aimerais vous dire que je vais aller mieux mais j'ai le sentiment que ce n'est point le cas. Il me manque. Il me manque et je sais bien qu'il a choisi l'ombre. Ma 'lumière' ne lui a pas suffit. Je n'ai pas été assez forte, ou bien peut-être pas celle qu'il croyait. Peu importe désormais. Je sais qu'il ne reviendra pas, restera enfermé entre ces murs de pierres loin de nous. Celui qui disait vouloir être le roc auquel m'agripper, l'arbre dans lequel puiser mes forces, m'a menti.

Je sais bien ce qui me tue doucement. C'est d'être seule. Même entourée. Une partie de moi le cherche, sans nulle doute, parce que je me dis qu'ainsi je n'aurais plus mal, qu'il me suffira de ne plus rien ressentir. Une autre partie en crève, à force de porter, d'être toujours celle qui sait, qui dirige, qui soutient, qui supporte, à force de n'être point portée, comprise, soutenue, supportée... Il est là le point d'encrage que je renonce à trouver. Il est là et me fuit à jamais.


Noisettes sèches désormais d'avoir trop pleuré en cachette, droite comme un i alors qu'à l'intérieur l'effondrement avait commencé, au bord d'une rivière en Bourbonnais Auvergne une violette dépérissait et le reconnaissait enfin.
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Arthur Dayne
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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Dim 20 Sep - 11:22

Marie parla. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, depuis qu'il avait entrevue, comme il n'avait fait qu'entrevoir ce jour là, où l'on avait enterré son horizon. Pour la première fois depuis que, venue à Moulins prendre Gaspard sous son aile, elle lui avait montré comme à tous ce masque de glace dont Arthur avait su, très vite, qu'il n'était qu'une fine couche qui ne demandait qu'à craqueler. Et en même temps le refusait. Marie était un paradoxe en mouvement, qui jamais ne s'arrêtait parce que le repos était un risque. Le risque de devoir prendre pleinement conscience de ce paradoxe, de devoir lui donner une existence qu'elle ne pouvait supporter. Arthur avait tissé cette réflexion, avait construit le portrait intérieur de celle qui était devenue une amie, malgré les différences de vie et de vue, au gré de leurs longues discussions souvent partiellement muettes, celle qui disent le plus. Et pourtant, Arthur savait, par expérience, pour avoir tant affronté, accompagné, vaincu et perdu, observé l'âme humaine, qu'il était un moment où les mots devaient dire la douleur et les peines, les peurs et les blessures. Où les maux devaient devenir mots.

Marie parla, et ses paroles s'enfuirent comme l'eau de la rivière, comme si elle les laissait sortir mais ne voulait plus rien avoir à faire avec elles. Comme si elle les jetait là pour ne plus les avoir en elle. Avec l'espoir qu'elles couleraient et disparaîtraient, emportées par les remous du courant. Singulier mimétisme au sein duquel se cachait, Arthur avait de plus en plus tendance à le croire, un pouvoir étrange sur les âmes. Que la compagnie de la rivière et des arbres, ou la vue du ciel étoilé apaise ses propres esprits étaient une chose. Que le bruissement continu de la rivière, et les longues minutes passées à l'observer, aient pu permettre de faire sauter le verrou qui condamnaient les mots de Marie à ne pas sortir, en était une autre. Il se cachait là quelque mystérieux remède, impossible à saisir, mais dont des signes éparses trahissaient l'existence évanescente.

Marie avait parlé et Arthur, le regard toujours perdu sur la surface mouvante de la rivière, sur les cercles qui s'évanouissaient, se sentit assailli par un sentiment double et contraire. Il éprouva peine et soulagement. Peine terrible comme Marie avouait enfin, en même temps qu'elle se l'avouait à elle même, probablement, que Gaborn ne lui reviendrait pas. Soulagement sans borne de l'entendre parler sans faux semblant, sans se replier derrière son masque, de l'écouter formuler ce qui la rongeait. Les conséquences de cette libération, Arthur les ignorait. Elles causeraient sans nul doute leurs dégâts. Peut être que Marie s'en voudrait, lui en voudrait. Il était fort probable que Marie ait eu raison, en partie, depuis tout ce temps, que parler, prendre le temps de parler de ce qui la tenaillait n'apporterait rien de bon. Dans l'immédiat. Parce que même si elle était douloureuse, même si elle confinait Marie au bord de la rupture, cette libération, comme toute libération, semait des graines qui porteraient leurs fruits.

Aller se confronter à Eikorc à Joinville avait été douloureux. Mais libérateur. Comme, il y avait si longtemps déjà, renier ses serments et se rendre compte qu'il avait été aveugle toute une partie de sa vie avait été destructeur, mais salvateur. Voilà ce que, par petites touches, par mots glissés ça et là au gré de leur conversation, par cette promesse qu'il était parvenu à lui arracher, Arthur avait cherché à faire comprendre à Marie. Certes, là, à l'instant, Marie semblait être au bord du gouffre. Certes, la douleur ne disparaîtrait pas, certes la situation n'allait certainement pas évoluer dans les jours ni même les mois à venir. Peut être qu'elle ne changerait pas, au final. Peut être que Marie poursuivrait sa route ainsi qu'elle le faisait depuis tant de temps, en s'accrochant à son devoir envers les autres jusqu'à oublier son bien propre. Mais Arthur restait convaincu, au fond de lui, que les mots lâchés ici, sur le bord de cette rivière, en cette journée d'été, garderaient leur place quelque part dans un recoin de l'esprit de Marie, et que cette libération n'était pas vaine, que ce moment là n'était pas perdu.

Que la rivière continuerait à s'écouler, mais que quelque part dans ses profondeurs, une petite mélodie l'accompagnerait et allégerait le poids de son fardeau.

Arthur, regard posé sur l'horizon, gratta sans s'en rendre compte la meurtrissure de sa joue.


Vous suivez votre chemin, Marie. Personne ne peut vous ôter cela. Personne ne peut dire que vous vous êtes, un jour, trahie sur ce chemin là. Il est difficile de suivre ce en quoi l'on croit envers et contre tout. Je vous admire pour cela, Marie. Pour cette capacité que vous avez à penser aux autres, à ce que vous leur devez ou croyez leur devoir, cela n'importe pas. Vous êtes celle qui dirige, décide, supporte. Mais personne ne peut se résumer à une seule facette. Que vous ne puissiez vivre sans incarner ce rôle là, mais qu'il vous ronge dans le même temps signifie simplement que vous êtes humaine, Marie.

Nouveau caillou, jeté au loin, sur la surface miroir de la rivière.

Vous êtes contraire, comme je le suis, comme Apolonie l'était. Comme Eikorc l'est, comme Maeve, comme Gaborn, comme Gaspard... comme chacun de nous l'est. Simplement, certains l'expriment, d'autres le cachent. D'autres le vivent, d'autres le fuient, certains en meurent. Quelques uns l'acceptent, quelques autres le refusent, toute leur vie, parfois ne le voient même pas. Chacun sa manière de gérer sa propre multitude. Chacun son chemin. Le vôtre n'est pas le plus simple, et j'envie votre force de l'assumer ainsi que vous le faites. Toutefois... ne vous perdez pas, Marie. N'oubliez pas votre autre moitié. Que vous deviez la cacher, la confiner derrière un masque, je le comprends. Mais ne vous oubliez pas.

Enfin, Arthur tourna son visage vers elle, tenta une esquisse de sourire, frotta du dos de sa main sa pommette meurtrie, prenant en même temps conscience qu'elle était le symbole de sa propre dualité.

Vous êtes quelqu'un de bien, Marie. Je ne nie pas que vous ayez fait des erreurs, commis des fautes. Nous sommes tous faillibles, nous ne pouvons pas tout. Mais ce que vous accomplissez chaque jour est formidable, Marie, et ne laissez personne, et surtout pas vous même, instiller en votre esprit le contraire. Et...

Petit sourire alors qu'il sait que les mots qu'il s'apprête à dire sont probablement vains. Mais qui sait ce que des graines jetées au vent pourraient donner...

Et Marie... promettez moi...

Non... ne me promettez rien... Juste... essayez de garder dans un coin de votre esprit que... s'il arrive que votre partie cachée prenne le pas... Que Marie, celle qui a besoin, parfois, d'être soutenue et supportée, s'éveille soudain... Essayer de garder dans un coin de votre esprit que vous avez des amis prêts à prendre ce rôle là. Même si aujourd'hui, vous refusez l'idée de pouvoir faillir... Même si vous vous interdisez de changer de rôle, ne serait-ce qu'une journée... Souvenez-vous qu'il existe au moins un endroit, au bord d'une rivière, où vous serez toujours la bienvenue, quoiqu'il se passe. Que ce soit pour parler ou non. Je peux aussi bien écouter les silences...
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Marie Alice

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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Mar 13 Oct - 14:18

Comment expliquer ce qu'elle ressentait à cet instant précis alors que son regard se reportait une fois de plus sur la rivière. Comment dire qu'alors qu'autour d'eux tout était si paisible, si radieux, si léger, à l'intérieur le vent se levait à nouveau. Cette tempête qu'elle combattait depuis trop de temps déjà, épuisant le peu d'énergie que ses activités lui laissaient, la forçant à renforcer les murs l'entourant alors qu'ici et là des pierres étaient descellées et emportées sous la force des bourrasques tournoyantes.

Elle savait avoir sacrifié bien des choses à son devoir, à une promesse muette faite un soir de deuil à son père, loin de cette rivière, de cette forêt. C'était ainsi. Sa vie était ainsi. Elle avait appris à l'accepter avec le temps, à faire avec les douleurs qui en découlaient pour elle, plus difficilement lorsqu'elles étaient à ceux qui l'entouraient. Mais là encore, son impuissance était notoire. La brune devait admettre ne pas pouvoir tout contrôler, ne pas pouvoir toujours faire ce qu'il fallait – du moins à ses yeux-, ne pas pouvoir être partout, pour tous, toujours.... Jamais... Impuissante à plus d'un titre, c'était sans doute cela le pire. Le savoir, l'avaler, le contenir. Non qu'elle eut voulu tout pouvoir faire, juste parfois changer le cours des choses, l'infléchir, l'adoucir, faire que quelque part, au lieu d'abruptes falaises, se trouve des coteaux vallonnés. Seulement tout ceci n'était que chimère, voire plutôt torture puisque plus elle se reprochait ses vaines agitations, plus elle souffrait qu'elles ne soient justement que cela, vaines, inutiles, perte de temps...Pourquoi refusait-elle avec tant d'énergie de laisser couler les choses comme le faisait l'onde à leurs pieds? Que croyait-elle donc?

Un soupir, tant de choses qu'elle se répétait depuis un bon moment mais rien n'y faisait, elles restaient là, tapies derrière son crâne, sortant dès qu'elle baissait la garde pour reprendre possession de son âme et blesser son coeur. Non, rien n'y faisait. Là encore il lui fallait l'accepter.

Elle regarda le caillou lancé par Athur rejoindre ceux qu'elle avait précédemment lancés couler à pic et disparaître à leur vue. En cet instant précis, la seule envie qui la prenait aux tripes était de faire les quelques pas la séparant de l'onde et se laisser couler à son tour ou bien porter par le flot jusqu'à l'océan. Disparaître. D'une façon ou d'une autre cela reviendrait au même au final. Cesser de lutter contre elle-même en tout premier lieu, poser le fardeau de cette vie, oublier en se lovant au sein d'un noir reposant où ni bruit, ni odeur, ni sentiment ne viendraient plus l'assaillir. Trouver la paix. Seulement là encore elle ne s'accorderait pas cette sortie, ce répit définitif. Parce que ses filles avaient besoin d'elle, tout comme Gabrielle et Gaspard. Parce qu'elle avait pris des engagements et qu'elle avait horreur de ne pas les tenir. Parce qu'elle était ainsi et qu'elle n'y pouvait rien.


Ma force n'est plus Arthur, seule mon armure me maintient debout. Voilà pourquoi je refuse qu'on cherche à la faire tomber parce qu'alors c'est moi qu'on retrouvera à terre. C'est un fait simple.

Me perdre? Mais qu'ai-je encore à perdre Arthur? Vraiment? Cacher quoi? Que suis-je d'autre désormais que ce masque de froideur? Une mère? Je suis là, près d'eux, ils le savent. Une femme? Oui, bardée de soierie ou de fer suivant ce qu'elle doit faire, l'endroit où elle se trouve. Le reste....


Elle eut un vague geste de la main alors qu'elle prenait un autre galet, l'envoyait rejoindre ses frères morts au champ d'honneur, au fond d'une eau pure et froide.

Promettre non, il est évident que je ne promettrai plus rien, à personne. Et ne croirai plus une seule promesse non plus Arthur. J'ai mis le temps mais j'ai grandit. Je suis devenue adulte. Je ne crois plus aux mots, juste aux actes. Mais je me souviendrai. De cet endroit et cette discussion. Je ne peux rien faire de plus.... J'espère que cela vous suffira.

Elle se pencha sur lui et posa sur la joue balafrée un baiser, simple expression de ce qu'elle ressentait, simple merci....
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Arthur Dayne
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MessageSujet: Re: [RP] Une promesse est une promesse, même faite par une mule   Ven 20 Nov - 23:55

Etrange sentiment que l'impuissance. Quels que soient les mots, les gestes, les sourires, demi seulement, il est vrai, Arthur comprenait, à chaque parole que Marie laissait échapper, que son mal être était trop profondément ancré, trop chevillé de paradoxes multiples et inextricables. Oui, en cet instant, Arthur se sentait impuissant, inutile. Comme un ami dont le soutien ne vaudrait rien. Il voyait Marie lutter pour ne pas sombrer. Durant tout ce long voyage à ses côtés, depuis qu'il avait ramené Aleanore dans le giron de sa mère, Arthur n'avait d'autres choix que de contempler Marie se débattant avec plus ou moins de réussite contre ses fantômes. Il était acculé à de vaines tentatives, la poussant parfois à se retrancher derrière son armure plus qu'il ne l'aurait voulu, sans réellement pouvoir l'aider. Il avait pourtant tenté, changé de stratégie, était revenu à la charge, mais rien. La seule chose sur laquelle il pouvait compter, c'était d'avoir semé quelques graines qui germeraient, fussent-elles longues à voir le jour. Mais malgré cet espoir, et alors qu'il écoutait Marie briser les vannes qui retenaient ses craintes au delà de la barrière du dit, Arthur se sentait miné par l'impuissance. Oui, Marie parlait, oui, dire son mal être était un premier pas. Mais ce pas que Marie venait de faire, il craignait que ce soit le seul possible pour elle.

Jusqu'à ses derniers mots. Mais je me souviendrai. Cela lui convenait-il? Mille fois oui. La simple pensée que, même au plus fort de la tempête, Marie se souviendrait des mots qu'il avait formulés, se souviendrait qu'ici existait un havre que la tempête n'atteindrait peut être pas, ou elle serait, en tout cas, toujours la bienvenue, apaisa quelque peu la brûlure infligée par ce sentiment d'impuissance qui le tenaillait. Comme le contact des lèvres de Marie sur sa blessure, celle récoltée quelques jours auparavant dans une prison poisseuse de Joinville, où il avait lui même pris la décision d'affronter ses peurs, apaisa le feu qui irradiait toujours de la plaie à peine cicatrisée.


Cela me suffit, Marie. Amplement. Je n'ai pas toujours fait preuve d'une grande finesse pour vous montrer tout simplement que vous, Marie Alice Alterac, m'importez, comme vous importiez à Apolonie.

Doigts qui se plient et se déplient. Douleur endormie, qui se réveille de temps à autres.

Je ne prétends pas connaître la route du bonheur, sans quoi je l'aurais emprunté depuis bien longtemps. Je ne prétends pas être un soutien sans faille, ni un grand connaisseur des sentiments humains. Mais je vous considère comme une amie, Marie, une amie chère à mon coeur, dont la destinée m'importe. Et si mes mots, malgré leur impuissance à vous apporter du réconfort, vous permettent au moins de savoir et de garder au fond de vous que vous serez toujours la bienvenue ici, quelles que soient les circonstances, alors mes paroles ne sont pas perdues.

Un souffle de vent vint porter ses derniers mots. Arthur perdit son regard au loin, sur cette campagne qu'il aimait tant, qui lui avait tant manqué. Oui, ce lieu était propice au repos, au calme, à une certaine sérénité. Lorsqu'il était arrivé ici, la première fois, lorsque son cheval s'était cabré de peur sous l'orage et l'avait envoyé bouler sur le chemin, rouvrant cette vieille blessure aux côtes, il avait cru qu'il y mourrait. La pluie le détrempait, comme si elle voulait ronger sa peau jusqu'aux os. Ses cheveux, chargés d'eau et de boue, lui collait au visage. La fièvre le poursuivait depuis plusieurs jours. Le sang poissait sa chemise usée. Le seul refuge qu'il avait trouvé dans cet univers où tout semblait noir et liquide avait été ce pan de mur écroulé contre lequel il s'était allongé, attendant patiemment que la mort qui se refusait à lui vienne enfin le chercher. Mais la mort n'était pas venue. C'était une jeune paysanne d'à peine treize ans qui l'avait découvert, sous une pluie toujours battante, alors que seul les éclairs venaient offrir quelques secondes fugitives de lumière, et qui avait couru à perdre haleine jusqu'à la ferme de ses parents pour chercher de l'aide. Puis les jours avaient passé, et le temps fait son oeuvre et guéri les blessures, au moins physiques. Et il n'avait pas repris la route. Il était resté à Moulins, avait rebâti la chaumière dont un pan de mur en ruine l'avait recueilli, cette nuit d'orage.

Ce qui le liait à ce lieu pouvait se lire en filigrane à travers l'histoire de son arrivée ici. Et une fois de plus, après le long voyage en forme d'errance qu'il venait d'effectuer, Moulins et la chaumière résonnaient dans son esprit comme un lien avec le monde réel, le monde des vivants. Avec une possibilité de croire en un avenir. Et il ne voulait rien tant que partager ce que lui offrait ce lieu.


Oui, Marie... Souvenez vous de cet endroit. Souvenez vous de moi et de mes paroles, gardez les en mémoire. Je ne demande rien de plus.
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